J'écoute : le silence et aussi la musique ci-dessus (osez cliquer, Ned!) Je regarde : le ciel, les étoiles, le plafond et ton visage par intermittence. Je lis : tes mots, même avec des fautes. Je joue : à rêvasser et à plein d'autres choses bien agréables encore. Je mange : hmm, mmm, hmmm, mmm, oh non!!... trop tard. Je bois : de l'eau gazeuse, ouais, c'est ça...c'est gazeux en tout cas. Je cite : personne car j'ai une mémoire de merde. Parfois j'en viens même à m'oublier, c'est dire. (ou c'est l'âge?) Je pense : oui, je pense que je pense, et encore, plus j'y pense...j'en suis moins certain. Je rêve : de me souvenir de mes rêves. Quoique, franchement, est-ce bien nécessaire? (mis à jour mercredi 16 avril 2008 à 19:44)
ca fait deux mois que j'ai rien ecrit. Enfin, rien ecrit ici.
y'en aurait tellement que finalement c'est plus simple de ne rien ecrire. ou alors des bullet points, comme une laundry list.
fiston recupere, nous gerons sereinement nos premieres semaines de cohabitation, et nous tentons vaille que vaille de lire les modes d'emploi des meubles Ikea.
boulot en progression soudaine, inattendue et fulgurante, me voila numero trois de la boite sans avoir rien demande...alors que j'avais envie de me tirer.
trois semaines a Miami a bosser, que du bonheur et quelques kilos supplementaires.
et bien entendu, toujours lui, dont la presence est constante malgre l'absence...plus que quatre jours, il me tarde.
laundry list!
C'était donc si facile à obtenir. Me voilà gardien officiel de mon fils à compter du 1er juillet, merci au Juge aux Affaires Familiales de Bourg-en-Bresse. 2 minutes 34 chrono. Faut croire que j'ai une bonne bouille et que la requête était clairement rédigée.
En bref, les ennuis vont donc réellement commencer.
Mon avocat n'est pas venu, il s'est retrouvé coincé à Thonon-les-Bains. Assez drôle, la panique au greffe à 11.05 alors que l'audience était à 11.00, pour trouver un avocat pouvant se substituer à lui on the spot : une gentille jeune avocate. Elle n'a bien entendu rien dit d'autre que de présenter les excuses de mon conseil au JAF et j'ai bien fait le boulot.
Bon, maintenant, faut s'organiser pour l'arrivée de l'autre homme de ma vie.
Hey! Moi aussi je veux bien être payé 1200 Euros pour faire le boulot! Avocat contri et obséquieux (pléonasme), a téléphoné, s'est excusé...et je n'aurai rien d'autre à payer (quand il m'a annoncé cela j'ai bien cru que j'allais exploser de rire tant cela me paraissait évident : j'ai donc gagné quelques centaines d'euros).
Peut-être rencontrer des homo-logues dans une situation approchante. En tout cas former une équipe autour de moi de copains qui pourront prendre le relais quand je n'en pourrai bien entendu plus.
Encore deux mois. Avant le bonheur. Et le partage...
Allez, tout ira bien, je suis formidablement épaulé.
Du moment qu'on cause...et ça, on cause. Alors.
C'est le titre de cette extraordinaire exposition du photographe Alec Sloth au Jeu de Paume. J'en suis sorti bouleversé : j'ai même un témoin.
Sloth part de l'idée que c'est l'espace entre le photographe et son modèle qui donne du sens à l'image.
L'espace entre nous se construit petit à petit : nous le remplissons, le vidons, l'aménageons et le réaménageons au gré de nos besoins et de nos envies. Merci. Au moment où j'écris ces quelques lignes, tu dors, et l'espace entre nous se résume à quelques microns, tu t'es endormi contre moi.
Arrivés à la Maison Européenne de la Photographie, le trop-plein émotionnel provoqué par les photos de Sloth s'étant répandu dans une soupe japonaise, il ne me restait plus qu'à me protéger un peu pour éviter l'écroulement. Je suis resté impressionné par les images de Valérie Belin.
Tu ronfles un peu, mais c'est par épisodes. Je te trouve beau quand tu dors comme ça. Promis, je t'offrirai un miroir vénitien.
Sinon, essayé un nouveau resto malaisien, rue Cail, dans le Xème. A proscrire. Quelle déception. Le patron a eu la riche idée de me demander si nous avions bien dîné. Mal lui en a pris.
Je vais te prendre dans mes bras et m'endormir à mon tour.
Passé la journée en congrès sur les thèses de Howard Garner. Moment de franche rigolade quand nous avons essayé plusieurs tests si faciles à trouver sur la toile. Parait que je suis un débile en ce qui concerne les maths, la logique et le kinesthésique, sans parler de mon pauvre score en intelligence naturaliste (t'as qu'à regarder à quoi ressemble mon jardin). Grandioses moments à chercher comment faire passer le même concept en utilisant différentes approches. "Par exemple, annonce un collègue américain, je vais vous expliquer comment j'ai fait vivre à mes élèves de 5 ans autrement que par une illustration ou une explication verbeuse la façon dont les Egyptiens ont déplacé des blocs de pierre volumineux, : en faisant rouler des caisses de livres sur des rouleaux à pâtisserie." Ou encore comment aborder le cycle de l'eau en racontant un conte merveilleux : ça s'est tout de même terminé par un poisson qui pisse. N'ai pas pu m'empêcher d'avoir une pensée émue pour Bobby Lapointe. J'aime les congrès d'instits. Trop d'ail sur les tomates à midi, cependant. Il parait que de plus en plus d'enfants sont des kinesthésiques (pas refoulés) et que donc, bah oui, on ne peut plus faire avec eux comme on faisait avant. Burp, désolé, c'est les tomates.
Le test bidon donne mon intelligence verbo-linguistique presque aussi élevée que mon intelligence musicale et que mon intelligence interpersonnelle. D'abord, y'a pas encore d'intelligence sexuelle, c'est dommage. Gageons que c'est ma prochaine révélation, mais je m'égare. M'enfin, malgré toutes mes intelligences si merveilleuses, j'arrive toujours pas à faire mon choix entre accueillir mon gamin au jour dit en juillet, ou me barrer une semaine cachetonner dans les Motets de Bach et retrouver la folle vie d'un festival d'été. Merdouille, faudrait que je trouve un moyen de réduire mon intelligence paternelle.
Quoi MOA? tu nous gonfles avec MOA.
Music On Air. J'en rentre à l'instant. J'ai bougé mon cul sur des mix de je ne sais plus qui, parce que ça n'a aucune importance, mais le DJ avait un CV plus long que le mien. Bu que trois bières, ce qui est bien...(à 12 balles suisses la bière, soit environ 8 euros, ça fait réfléchir faut croire)
Bizarre ces grand messes gay, attirant en un soir toute la Suisse, la Romande et l'Alémanique : ils accoururent de Bâle, Zürich, Zug... Un peu de monde sur une petite surface, à l'image du pays.
Rien de transcendant. Habituelle et finalement ennuyeuse, cette routine : acouphènes et voix éraillée à la sortie (pourquoi éprouve-t-on le besoin inexorable de vouloir parler à son voisin dans ces endroits-là? beats me) . Torses nus, sueur, basses puissantes et vibrantes (hmmm, ça fait vraiment tout vibrer quand on s'approche trop de la sono, c'est juste dingue) , bar, regards fuyants ou insistants, chats et souris. Dindes aussi. Me suis trémoussé à côté de Marie-Thérèse Porchet en civil. Clopes all over (la loi anti-tabac entrera en vigueur en juillet 2008, et encore, uniquement dans le canton de Genève). Vu quelques copains. Certains dont j'ai oublié les noms. Je n'oublie jamais les visages, quel dommage.
Le clou de ma soirée, la remarque impertinente d'un jeune homme, alors que je fais tranquillement banquette le long d'un mur : "Vous êtes magnifique, le plus bel homme de la soirée." Encore un qui a forcé sur l'ecstasy.
si aimer c'est regarder l'autre se casser la gueule sans rien dire,
si être dans une relation c'est ne rien dire qui puisse faire réagir,
si être en relation c'est ne pas dire un mot plus haut que l'autre sous je ne sais quel prétexte,
si aimer c'est accepter que l'autre nous oblitère, nous oublie, ne nous voie plus pour ce que nous sommes,
si aimer c'est accepter de disparaître, se plier, se diluer,
si aimer c'est accepter sans mot dire les conséquences des sentiments,
alors je dois être un bien piètre amoureux.
quand j'avais vingt ans, peut-être.
si aimer c'est dire à l'autre de faire attention où il met les pieds,
si être en relation c'est être capable de dire les choses telles qu'elles sont, sans pour autant ne mettre en avant que son ego,
si être en relation c'est parfois tirer l'alarme et parler un peu fort pour se faire entendre,
si aimer c'est accepter des compromis sans se faire piétiner,
si aimer c'est autoriser l'autre à prendre un peu de territoire,
si aimer c'est accepter que chacun soit un peu responsable de l'autre,
si aimer c'est être capable d'ouvrir ses yeux et ses oreilles sur l'autre, et en accepter les limites,
si aimer c'est être capable d'absorber les vagues de tendresse en toute simplicité,
alors j'achète.
Il est difficile d'écrire sur la douleur; cela l'entretient. J'échoue sans cesse à en fixer les contours, à la circonscrire. Elle est précise, mais injuste, mais vague et présente dans l'air qui m'entoure.
Recevoir la plus belle preuve d'amour et la plus belle preuve d'indifférence en même temps est simplement insupportable. L'amour est dit, l'indifférence est dite. Tous ces mots.
J'y crois, parce qu'il faut vivre. Il faut vivre. Simplement se connecter au monde, se maintenir connecté à soi-même. Simplement vivre.
Décidément, il s'en passe sur les marchés de la région. La dernière fois, c'est tout juste si je m'étais fait sauvagement prendre par mon homme sur l'étal du charcutier, ce qui m'avait valu un début de chasse à l'homme au boulot, soldé par un coming out directorial.
Dimanche dernier, ce fut juste drôle, cette remarque insistante du boulanger en nous regardant fixement l'œil goguenard de celui qui sait et en nous apostrophant : "Vous êtes frères, non? Allez, vous êtes frères?" Evidemment j'ai bien eu envie de lui rétorquer qu'on avait plutôt l'habitude de s'enculer entre les jambons et les saucisses sèches et qu'on voulait bien essayer les miches de pain de campagne fût-il au seigle, mais je me suis contenté de ricaner, mon homme haussant les sourcils d'un air désespéré.
Il y a une tonne de raisons pour lesquelles un père peut être fier de son fils.
Ma bonne raison est que le mien n'a pas hérité de mes rigidités articulatoires et dorsales!
je n'ai pas l'intention de changer quoi que ce soit d'autre dans ma vie à part mon porte-clés
Que cela soit clair.
Pourtant, comme tout un chacun (ah! chers Frères Humains!), je suis pétri de doutes. C'est justement mon désir de les dépasser qui me fait et m'a toujours fait avancer. Des petites victoires sur moi-même comme dirait un de mes amis chers, cela malgré la complexité de mon existence...ce désir de mouvement, de ne jamais dire "je suis comme ça, dommage, faudra faire avec", ce refus de l'immobilisme, cette envie de progresser par et pour les autres et de changer, de comprendre, de m'engager, en un mot d'aimer : toute cette force intérieure qui apparait dans les moments les plus inattendus et qui fait que, dix ans après, je suis par exemple désormais capable d'établir une relation amicale, sensible, touchante, avec la mère de mes enfants, alors que j'étais parti persona non grata de son pays.
Que d'abîmes en cours de route, que de creux, de déceptions, d'envies de tout laisser tomber, de pleurs, de cauchemars, de coups de froid, d'envies de vomir, de chiasses, de cris de douleur...je suis plus fort que ça, peut-être parce que j'ai accepté de prendre le risque de souffrir. Je souffre parce que j'aime, j'aime parce que j'ai souffert. Je ne suis qu'un homme, après tout, et j'assume cela avec mon sourire...désarmant? (comme dirait un autre de mes amis chers)
Sans nul doute le plus difficile à accorder n'est-il pas mon amour, mais ma confiance. Je les ai placés, tous deux, dans un homme, avec discernement et tendresse. Avec discernement car je sais qui il est. Avec tendresse car j'ose écrire que je l'aime. Puisse-t-il en faire le meilleur usage, d'abord pour lui-même. J'aime qu'il me regarde tel que je suis et non tel qu'il voudrait que je sois, en m'accordant à son tour sa confiance, sans que le sentiment de manque vienne parasiter notre amour, sans que cette frénésie des courtes passions s'installe comme une pluie d'étincelles roses dans un sapin de Noël trop sec.
Je ne changerai que le porte-clés. Parce que les clés ont changé, elles aussi.
C'est rigolo, ça compte même en dixièmes de seconde.
J'aimerais bien avoir un porte-clés qui décompte en dixièmes de seconde jusqu'à la fin de chaque épisode de ma vie. Au moins, j'aurais le temps de me préparer.
Tout commence la semaine dernière quand, après une escale faramineuse a Doha, j'atterris ici, à la suite de quatre ans et demi d'exil...
après quelques jours delicieux de reprise en main de mon véhicule favori, ma fabuleuse Proton Saga
et de fréquentation assidue des meilleurs petits restos que je fréquentais deja il y a 23 ans...il est temps de prendre l'avion pour me rendre a Java Est, a Surabaya, ville peu intéressante dans laquelle une partie de ma descendance a choisi de faire un semestre universitaire, quelle idée. L'hôtel en revanche est fantastique d'esprit colonial hollandais. Fiston apprécie aussi. Plus l'hôtel que revoir sa sœur, semble-t-il.
Ville peu passionnante, à part une mosquée ancienne, un quartier chinois délabré, le port et quelques putes et les centres commerciaux qui vendent du Gap et du Zara a tours de bras, mais alentours a voir, comme le Mont Bromo, volcan qui vaut le détour au petit jour...pour lequel il est impératif de se lever a 3.30 du matin, dans le brouillard, par dix degrés et en bras de chemise.
Suit une montée du cratère, a dos de pauvre cheval rabougri au poil gras...non pas a pied et en escalade comme un certain TCL40 l'a prétendu éhontément ici il y a quelques jours...
Surabaya Johnny. Is it really the end?
SurabayaJohnny. Will the hurt ever mend?
Surabaya Johnny. Oh, I burn at your touch.
You got no heart, Johnny, but oh, I love you,
I love you, I love you so much.
Un peu de Kurt Weil ne fait jamais de mal. Mais pourquoi donc Surabaya? Le port sans doute, les vaisseaux en partance pour Kalimantan ou Sulawesi.
Mais il est déjà temps de reprendre l'avion et de rentrer derechef a Kuala Lumpur où j'ai rendez-vous par 40 degrés, avec Fernando et Nelson.
Après 37 tours (sur 56), nous décidons que c'est vraiment trop bruyant, qu'il fait vraiment trop chaud...et que c'est vraiment trop macho comme ambiance au paddock. Je ne serai jamais VIP.
Restera demain lundi (aujourd'hui en fait) pour faire quelques courses, passer m'enquérir des résultats scolaires de fiston (pas de lundi de Pâques ici)... et préparer le prochain passage, avec mon homme dans quelques mois. Eventuellement d'apprendre entre temps comment trouver les accents sur ce foutu clavier malaisien. (corrigé depuis)